. AZUR NATURISME .

Randonue ratée et nuit agitée

Le 04/08/2026 1

Une personne devait participer à notre rando-nue-nuit mais elle est arrivée trop tard. C'est ce récit d'un rendez-vous raté et d'une nuit agitée qui vous est conté aujourd'hui.

Ce vendredi soir est prévue une randonnue de nuit : à la dernière minute, je me décide, après plus d’une année sans m’être jointe au groupe. Dehors, l’air est étouffant ! Des moustiques kamikazes, pourtant rassasiés, continuent de se ruer sur moi ; alourdis, leurs réflexes plus lents, j’en profite : petit carnage revanchard.

Alors que là-haut, cette nuit, le ciel sera pur, sans nuages, l’air sec et frais... et la lune pleine. Je me dépêche de  rassembler le nécessaire pour dormir sur place, dans mon van, nécessaire que je réparti dans trois sacs « Carrefour » : couchage, vêtements, nourriture...

Coup d’œil sur mon portable : il me reste 2 heures 30 pour me rendre à un parking St Barnabé, lieu de RDV, après le col de Vence. Mais je dois passer par Antibes pour y récupérer mon van et y transférer tout mon barda.

20 heures 15, direction l’autoroute... à peine franchi le péage, suis emportée dans un fleuve de voitures évoluant à la vitesse de l’escargot : bouchons, ralentissements, accident quelque part par là-bas.... rien d’autre à faire que se laisser porter, en profiter pour se détendre.

Enfin la sortie ! Confiante, je passe le relais à Siri  et lui demande de m’emmener au point de RDV : Siri qui se plante, ou que je n’écoute pas... pas une pour racheter l’autre ! Et c’est ensemble que nous passons deux fois les même ronds-points, autant de fois qu’ils ont de sorties, qui n’est jamais la même, la deuxième, la première, ou bien nous échouons devant d’imposants portails roulants qui doivent bien peser leurs deux tonnes !

Surtout, ne pas s’énerver. Relativiser. Manœuvrer tranquillement. Faire demi-tour calmement : après tout, ce ne sont que d’immenses portails d’entreprises, déguisés en sortie de rond-point !

Je serai en retard de quelques minutes ? Pas grave, ils m’attendront, ou je les rattraperai ! Interroger les gens, bonne idée, mais vue l’heure, ils sont rares dans le coin.

Là, une petite voiture passe à ma portée : Madame... Monsieur, s’il vous plaît ! M’ont-ils vue ou entendue ? Peu importe, ils se rangent quelques mètres devant moi - je descends de mon fourgon et les rejoins... Madame au volant alors que Monsieur m’attend debout devant sa porte « ...ce GPS ! Complètement perdue ! (Elle a bon dos Siri...) Pourriez-vous me donner la bonne direction la plus simple... » ? Je sais : ce que je demande n’existe pas - qui n’en finissent pas de détails ; Non, St Paul de Vence n’est pas Vence... pas la même direction... je ne l’écoute déjà plus.

Pressée de reprendre ma course, d’avaler plus encore de kilomètres perdus, assoiffée de plus de litres de carburant gaspillés, de voies sans issues, de mauvaises directions, de retours à mes premiers rond-point, mes premières étourderies, impatiente d’essayer des sorties oubliées dans des ronds-points pas complètement exploités.

Même si je n’ai pas compris comment, je sais que je dois aller dans cette direction, là, oui, en gros, je lance mon bras tendu, plein nord, pointe dans la précieuse direction, je veux les convaincre qu’ils n’ont pas perdu leur temps avec moi, ne se sont pas arrêtés pour rien, que j’ai bien compris leurs explications : mais ni eux, ni Siri ne connaissent ce P... de parking St Barnabé... Merci, merci, je vais faire comme vous dites, je promets, si, si, je vous crois, merci, bonsoir... je n’ai qu’une hâte : remonter me barricader dans mon fourgon blindé, l’air est vraiment irrespirable, dehors...

J’ai quand même entendu quelque chose...Maintenant que j’y repense, un de mes indicateurs m’a dit... quelque chose qui me turlupine... genre : « ... Le parking St Machin, non, ça ne me dit rien, mais en tout cas, une fois (enfin) arrivée à Vence, vous en aurez bien encore pour une dizaine de kilomètres  de montée, de virages, d’épingles... » ???

Mais oublions là ces détails car tout finit par arriver, même moi ! Oui, moi, j’arrive enfin... au col de Vence, après avoir enchainé, sans trop m’en rendre compte, lesdits kilomètres de virages et épingles, ponctués de frayeurs, à chaque croisement d’un véhicule surgissant en face, de préférence en plein virage... Car il est temps de faire le point : je ne suis pas trop en retard puisqu’il est déjà à peine 21 heures 55 ! Donc tout juste presque une heure de retard mais pas tout à fait, c’est mieux que deux heures.

Aussitôt franchi le col, j’aperçois un parking en terre battue, sur ma droite ; quelques véhicules rassurants apparaissent dans la lumière de mes phares, m’invitent à me joindre à eux ; Ce que je fais avec la satisfaction de la mission exécutée, ric rac, certes, avec quelques difficultés, pas de façon très rationnelle, et mes excuses à Siri et aux locaux, sans entrer dans les détails. Mais bon, ce n’est pas le moment de s’auto congratuler ; et profitons plutôt de l’instant.

Je viens de couper le moteur, feux éteints, le silence d’une nuit noire envahi aussitôt l’espace... à peine troublé par ce que je crois tout d’abord être des hurlements de loups, mais que j’identifie très vite comme étant des voix humaines, lointaines, et des éclats de rire me rassurent, confirment... quelle chance, je me dis que j’ai bien fais d’y croire, rien n’est perdu ; j’aperçois même des lumières à travers le sous-bois... L’idée géniale me vient alors – je ne sais pas comment - de me débarrasser de mes vêtements avant de les rejoindre, pour leur faire une surprise, genre : « Bonsoir naturiste à tout le monde ! »

Je n’en ferai rien - là non plus, je ne sais pas pourquoi – et c’est tout habillée que je fais une discrète approche auprès de ce qui semble être un rassemblement d’étudiants, très normalement vêtus, je dirais même, vu l’heure et le lieu, un peu plus que « casual », presque tenue de soirée... bizarre ! Et qui tournent une vidéo ! À peine m’a-t-il aperçu qu’un homme, posté là, me demande genti/fermement il faut le dire, de bien vouloir éteindre m’a lampe, car ma lumière gène l’enregistrement, ce que je fais immédiatement et sans mot dire ni le maudire.

Pressée de reprendre mes recherches, je quitte rapidement ce cercle qui, je ne sais pas pourquoi, me fait alors penser au rassemblement des membres d’une secte sur le point de commettre un rituel, généralement au moyen d’un large couteau de boucher, et m’en retourne - d’un pas un peu plus, je ne dirais peut-être pas léger, mais disons certainement plus rapide - à mon fourgon, non sans jeter quelques coups d’œil derrière moi – retournant à ma réalité, les laissant à la leur, me disant, d’une part, que j’ai eu chaud, d’autre part, que la mission n’est  pas terminée, un détail dont je venais d’avoir confirmation, ayant eu, malgré la situation cocasse à laquelle je venais d’échapper et qui me laissait pensive et un peu fébrile, la présence d’esprit d’interroger un des membres de la, je veux dire du groupe tout juste rencontré : « non, personne ici ne connaît le parking de St Truc » ! Ce qui commence à me sembler un peu louche, pour ne pas dire plus... et à m’agacer.

Passons encore quelques détails (même s’ils sont croustillants) et faisons cette fois un véritable bond de géant pour nous retrouver, telle le voyageur télé déporté, devant un panneau portant l’inscription : « Parking obligatoire ». Ne cherchons pas à comprendre par quel cheminement ni en combien de temps (nous reviendrons une autre fois sur les notions d’espace-temps nécessaires) mais il s’agit bien du parking de Saint Barnabé, du moins est-ce bien ce qui est écrit en toutes lettres, là, devant moi. Une véritable Victoire... à la Pyrrhus ! Que de kilomètres perdus... ta ta ta, pas d’auto-apitoiement !  Déjà, à cinquante mètres, je reconnais quelques véhicules amis, celui d’Éric et Gloria, la Toyota de Marc, et c’est tout, mais suffisant comme preuve... et puis, plus loin... trouant la végétation, des lumières, des voix... ça y est, cette fois, c’est sûr, ce sont eux, ils se dirigent vers moi...  dans ma direction... tout cela se confirme à présent, en effet, ils sont rhabillés, et alors ! Et tout ce petit monde semble avoir hâte d’aller se coucher... Oui, très bien, je ne suis pas aveugle ! Retrouvailles pendant quelques minutes, puis des moteurs qui démarrent, des voitures pleines de randonneurs nus rhabillés de Provence, qui s’engouffrent tour à tour, les unes derrières les autres, dans la nuit toujours sombre qu’elles découpent à grands coups de faisceaux lumineux.

Je vais dormir sur place, comme prévu : je ne serai pas montée jusqu’ici pour aussitôt m’en retourner dormir chez moi.  

Quant au grand disque d’or, Elle s’est débarrassée des derniers lambeaux de nuages qui voilaient son triste visage et a entamé sa lente[iR1]  ascension solitaire, nocturne et silencieuse, sauf hurlements de loups ou de sacrifiée, dans le vaste ciel,...

Consolation : une complicité nouvelle vient de se créer...

Mia luna, almeno, mi ha aspettata !

É tutti miei sogni nell’alba svaniscono perché

Quando tramonta la luna li porta con sé

À suivre : le lendemain, un banal incident de technologie...

Ne restent que quelques voitures, les voix d’un ou deux groupes de quelque part en forêt ; si je les ignore, je peux me considérer comme seule à présent, la nuit et l’espace tout à moi. Mais, voix d’enfants, éclats de rires et autres bruits domestiques, même étouffés, contredisent ce sentiment, sans me contrarier, au contraire, me rassurent un peu ; j’ai demandé à G-L-O-R-I-A si c’est « safe » de passer la nuit ici...

Nouveaux claquements de portes... Démarrage de moteurs... Nouveaux départs, il est minuit passé (ouf ! pas eu de crime)

Au milieu de la nuit, réveillée par le bruit d’un moteur, disons « sport », moteur gonflé, trafiqué, pot d’échappement bruyant, enfin vous voyez. On tourne un moment dans le parking, lentement – j’ai l’impression inconfortable que l’on fait un état des lieux et d’être le centre du cercle – repérage ? Puis on finit par s’immobiliser, couper le moteur, on claque des portières, on discute, on parle...il n’y a pas d’éclats de voix.

Inquiétude, écoute, affut : Chez moi, on retient sa respiration... et s’il s’agissait de jeunes déjà un peu chauds, venus vider leurs packs de bières, ou pire ! J’allume ma frontale pour qu’un petit curieux, voyant que ça bouge là-dedans, n’aille pas s’imaginer que ce fourgon stationné pas loin d’eux est vide, et qu’il comprenne bien qu’il est occupé par au moins une personne dont il ignore tout des capacités à se défendre voire à protéger ce qui lui appartient. Au bout d’une demi-heure, le moteur est redémarré... nouvelle ronde dans le parking... comme rôderait une bête sauvage, perplexe, hésitante, déçue de devoir quitter cet endroit sans avoir pu rencontrer sa proie... le ronronnement s’éloigne, disparaît. Soulagement.

Durant cette attente autant angoissante que délicieuse, j’avais pris ma clé de contact et actionné la fermeture centralisée de toutes les portes, cela va de soi...

Et d’ailleurs, je ne pense plus à tout ça qui s’est passé alors que la nuit est loin d’être terminée. Je songe à ces nuits sous la tente, en pays GRIZZLY, lorsqu’au réveil, on découvrait le sable autour de la tente, couvert d’empreintes de loups, plus rarement, de l’impressionnante paluche de l’ours, qu’il soit noir, un peu allongée ou brun, plus compacte ...

Fait trop chaud ! Je n’ai que deux fenêtres, à l’avant, pour créer un semblant de circulation d’air ; je me décide à sortir de mon bunker pour aller baisser les vitres, à moins de faire des acrobaties pas possibles, voire indécentes, à l’intérieur, retirer les appui-têtes, passer par-dessus les banquettes, sans garantie de pouvoir atteindre les boutons, mais la sueur, elle, garantie, qui s’ajoute à une peau déjà moite voire poisseuse, qui m’empêche de dormir. Voilà, j’ai baissé les deux vitres avant de 4 cm environ. Vous ne pouvez pas imaginer, à ce stade de mon récit, comme j’ai eu de l’intuition, en faisant cela...

Toujours est-il que tout finit par passer, une nuit comme le reste. Ayant très peu et plutôt mal dormi, il est environ 5 heures lorsque je décide de mettre un peu d’ordre dans mon bazar, en attendant impatiemment l’aurore, qui ne saurait tarder, et tout en lançant des clins d’œil complices et reconnaissants à la lune qui se prélasse au-dessus de moi, se délecte du spectacle que je lui offre, pas du tout pressée de me quitter pour aller se coucher.

Car ce n’est pas toutes les nuits qu’elle peut en voir de tel :  je sors de mon camion sans le moindre vêtement : j’adore cette sensation de fraicheur sur ma peau nue.

Le jour pointe doucement le bout de son nez, et avec lui le dernier groupe, de cinq personnes, trois voitures, remplies en moins de dix minutes avec sacs et gens, et qui démarrent et disparaissent.

Seule ! Nue !

Mais mon camion n’est qu’à une cinquantaine de mètres de la petite route qui m’a menée jusqu’à ce parking, point de départ de petites randonnées, donc, prudence, un véhicule pourrait surgir sans prévenir et nous nous trouverions nez à nez, sans voix.

En même temps, on est samedi matin, les gens prennent le temps de déjeuner, vont faire leurs courses pour la semaine, et en plus, bonus, c’est un samedi de chassé-croisé... Donc, pas grand risque de rencontrer du monde ;  et il est encore si tôt ! Donc, rester nue ou ne pas rester nue ? Vous-même, vous en pensez quoi ?

La question s’adresse aux naturistes, bien entendu.

En même temps, on ne traîne pas au lit, dans les campagnes, les bêtes n’attendent pas ! Compromis. J’opte pour nue sous un t-shirt, de longueur diplomatique, c à d suffisante mais sans être exagérément long, ça serait moins fun, donc je reste raisonnable, c’est à chacun de voir. Et je garde mes chaussures de montagne car le sol est rocailleux. Et puis j’ai envie de faire pipi...

Je sors par la porte arrière, ce qui dés enclenche la fermeture centralisée, claque la porte derrière moi, et vais ouvrir la porte avant gauche, côté conducteur (ou conductrice, c’est selon) et constate que toutes les portes de mon gentil fourgon sont verrouillées bien comme il faut.

Résumé simplement : je viens de m’enfermer dehors, clé à l’intérieur, nue sous un t-shirt de longueur standard qui m’autorise à peine à lever les bras à hauteur de poitrine, chaussée de chaussures de randonnée, et c’est tout ! Non : et en pleine campagne ! Et aussi : sans téléphone !

F t shirt

Ce qui m’étonne alors, c’est la tranquillité avec laquelle je constate/analyse la situation. Calme et sérénité totale. Pratiquement nue en pleine nature, loin de toute activité, commerce ou autre, à des dizaines de kilomètres de mon domicile, sans téléphone, aux côtés d’un fourgon qui subitement m’apparait dans toute sa vacherie, cynique, hostile, arrogant, Maître du jeu du pouvoir, surpuissant en technologie... voire sarcastique !

Il faudrait que je perde cette manie de personnifier les objets !

Seule solution qui m’apparaît alors : trouver un portable pour contacter ma sœur  et lui demander de m’apporter la deuxième clé de mon fourgon.

Ci-dessous, la solution étapes par étapes :

Trouver quelqu’un > trouver quelqu’un qui a un portable > trouver quelqu’un qui a un portable et lui présenter ma situation > trouver quelqu’un qui a un portable et lui présenter ma situation en espérant qu’il comprenne > trouver quelqu’un qui a un portable et lui présenter ma situation en espérant qu’il comprenne et accepte de me prêter son portable > trouver quelqu’un qui a un portable et lui présenter ma situation en espérant qu’il comprenne et accepte de me prêter son portable et que ma sœur réponde à un numéro qu’elle ne connaît pas...

À ce stade de mon plan d’attaque, mes rêveries sont interrompues par un bruit de moteur ; j’aperçois, venant de droite, au loin, un véhicule qui se dirige dans ma direction, je suis au bord de la route, m’assure que mon t-shirt est bien en place, fais des signes sans trop lever les bras, véhicule qui passe devant moi, occupant qui répond à mes gestes par de grands mouvements de bras qui veulent dire « Non, non, merci, non... » Touristes... !

Alors là, s’ils imaginent ce que vous imaginez, je ne suis pas en bonne posture !

Mais ni l’heure ni le lieu ne se prêtent à l’excès d’optimisme, car nous avons un sérieux problème à résoudre, urgemment, et la question qui commence à se formuler dans ma tête est où trouver un serrurier, là, maintenant, genre intervention dans la demi-heure garantie ? Préciser arrondissement, adresse complète, numéro digicode, et s’il y a un chien dans l’appartement, etc ?

Une demi-heure passe... Encore dans mes rêveries inutiles, nouveau bruit de moteur, venant de la gauche cette fois, et je vois un camion benne (- 3.5 t blanc, ils le sont tous) venir vers moi, signes de la main, qui s’arrête à mon niveau, vitre baissée, homme souriant, la quarantaine bien portante, et qui, je l’ignore alors encore, se nomme « providence » à qui j’explique brièvement que j’ai besoin d’un portable pour appeler ma sœur, moi, me suis enfermée à l’extérieur du fourgon que vous voyez, oui, là-bas, la clé dedans, rires du bonhomme qui semble se dire qu’on va pas s’ennuyer ce matin, entre dans le parking du Saint et viens se garer tout près de mon fourgon, cette sale bête qui n’a rien voulu savoir doit se dire que je me mets un doigt dans l’œil si je pense pouvoir l’ouvrir sans sa clé...

L’homme se marre aussi, mais sans s’en cacher lui : ma situation, il s’en régale, mais je dirais, honnêtement, au premier degré, sans arrière-pensée... Je ne suis pas habillée et je me suis « enfermée » dehors, en pleine nature, dans son environnement, moi qui vient d’en bas, de l’étage urbain, avec en tout un t-shirt pas très long et des chaussures de montagne aux pieds, je confis que je voulais aller faire pipi – du coup j’ai même plus envie, je constate avec surprise. Et dire que j’ai failli faillir à la tentation d’y aller avec seulement des chaussures de montagne aux pieds ! – il me propose d’aller me chercher un short, je dis que, merci, non, c’est pas nécessaire, à vrai dire, je m’en fout un peu – et puis un short XXL, comment le remplir - même si je vais éviter de lever les bras devant lui, cet homme me paraît franc, honnête et je le trouve sympathique.

Et serviable, comme s’il n’avait rien d’autre à faire, me propose de l’attendre, retour dans une demi-heure, avec ce qu’il faut car... Car, précision : dans la conversation à trois avec ma sœur, tout le monde parlant en même temps et chacun exposant ses solutions, elle s’égosillait à essayer de se faire entendre et me communiquer une info fondamentale, pilier de la situation : le double de clé, elle me l’avait rendu hier, ce que j’avais oublié, tout absorbée par mes préparatifs chronométrés, et donc, se trouvait, lui aussi, en territoire ennemi (à l’intérieur).

Découragement.

Enthousiasme et énergie communicative du bonhomme qui est de retour après cinq minutes à peine, avec des longueurs de fer à bêton de 8 mm (diamètre) qui m’explique que c’est le meilleur compromis entre rigidité et possibilité de courber pour donner la bonne forme à la tige, me raconte qu’il a été mécano pendant trente ans, a déjà « ouvert » des véhicules comme ci et comme ça, me montre qu’en passant par ici ou par-là... s’amuse comme un enfant : j’ai peur des rayures, encouragements de ma sœur aussi, qui suit l’évènement à distance et a bien compris que ça vaut le coup de faire confiance à cet inconnu, au prix de quelques rayures, si on ne veut pas y passer la journée voire plus, et à quel prix...

Et en effet, après cinq minutes de pêche aux petits canards jaunes en plastique (lui et moi avons connu les mêmes kermesses de fin d’année scolaire) j’entends le son délicieux d’une portière qui s’ouvre... et sans le moindre dégât.

Soulagement - Bravos – Félicitations - Applaudissements bruyants mais sincères ! Merci à la providence d’être passée au bon endroit au bon moment, d’avoir bien voulu s’arrêter, écouter mon histoire, d’avoir été mécano pendant 30 ans... Remerciements donc. Promesse aussi d’aller faire un tour à la ferme, dès l’ouverture, pour y acheter quelques produits.

Et merci aux concours de circonstance d’avoir abouti à la nécessité de baisser les vitres  de 4 cm...

Notre homme providentiel donc, sa femme, leurs deux jeunes garçons, sont fermiers éleveurs (600 brebis) depuis trois générations - La ferme se trouve pas loin après le parking – Prendre le petite route à droite avant les premières maisons d’un petit hameau - Vente à la ferme – viandes et fromages – Bêtes élevées et nourries toute leur vie sur place – La Mourérous ou Rouge du Roussillon - Race rustique adaptée aux milieux secs et aux parcours difficiles de l’arrière-pays méditerranéen et Alpin – La boutique ouvre à 10 heures – Chèques et espèces acceptés, mais pas la carte.

Allez leur rendre visite.

Ce que je fis dès l’ouverture, à 10 heures donc. Vente à la ferme. Ferme où je fus reçu avec un large sourire entendu, rieur, par la fermière qui semblait se délecter de ma mésaventure, rapportée sans attendre par son fermier de mari. Vous êtes bien la femme du monsieur qui... Oui, mon mari m’a raconté... rires. Je me demande comment il a pu tourner son histoire, ET quelle était la longueur de mon t-shirt dans sa version... Les enfants apparaissent, curieux de voir à quoi ressemble une personne assez originale pour se retrouver nue en pleine nature, enfermée à l’extérieure de son véhicule. Moi qui essai de poser les questions d’usage, de courtoisie : concentration dans les réponses, mais je sens que les pensées sont ailleurs, perçois l’envie de revenir sur l’évènement de la journée, d’en rire et de s’en réjouir encore jusqu’à ce que tout le jus en soit tiré. Une « petite mésaventure » qui pourrait bien faire son trou.


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Commentaires

  • Philippe

    1 Philippe Le 04/08/2026

    Excellent ! Bien racontée, cette histoire de sortie truculente est drôle malgré les situations à la limite du désespoir. Merci de nous avoir partagé cette aventure .

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